8ème titre publié : UN NOUVEL AMI

 
 





"Quand nous avons soif, il nous semble que nous pourrions boire tout un océan" (Anton Tchekhov)

                                   




 
Depuis longtemps, j'avais envie d'une histoire qui se passe exclusivement au bord de l'océan Atlantique, où le lecteur se sente participer à la vie et aux milles vies qui s'y croisent en permanence. Une histoire qui ressemble à l'eau d'une mer pure, toute claire, presque cristalline, mais avec des courants souterrains plus complexes qu'il n'y paraît à la surface. J'avais envie d'une histoire qui fasse ressentir cet élan qu'on ressent souvent au bord de l'océan : l'envie d'ailleurs, l'envie de plus, l'envie de combler un vide, de sentir que le monde ne s'arrête pas là, est bien plus grand. Et, peut-être, encore plus que tout, l'envie d'avoir quelqu'un près de soi, avec qui partager tout ça. 


Résumé de l'histoire : 
L'Océan ! En  apparence, un petit paradis, gorgé de couleurs, de merveilleux bruits,  d'être vivants, de scintillements. Et puis, aller faire un tour à la plage direct à la sortie des cours et courir dans les vagues, ça paye ! 
Alors, pourquoi Anaïs fait-elle cette petite mine ? Non seulement, elle connaît son océan, sa plage, ses vents, par coeur, mais en plus ses parents tiennent une crèperie (chocolat et confiture à volonté !). 
C'est qu'elle se sent laissée un peu de côté par sa famille, surtout par son grand frère qui devient ado.
Et quand elle veut aider et participer, elle est soit trop petite, soit trop grande, bref, jamais comme il faudrait, jamais à la bonne place, jamais celle dont on a besoin... Parfois, il n'y a pas besoin de vivre des grands drames pour se sentir de trop. 
Pas étonnant qu'Anaïs veuille un nouvel ami, pas étonnant qu'elle lui envoie des messages par pigeon voyageur improvisé, qu'elle attende fébrilement ses réponses. Pas étonnant qu'elle s'immerge dans le bonheur d'échanger, de comprendre et d'être comprise. Logique  qu'elle veuille le rencontrer. 
Et c'est exactement ce qui va se passer. Sauf que...

Les ilustrations de Malorie Laisne sont remarquables, je ne me lasse pas de les regarder. Je trouve son genre de trait assez peu fréquent en littérature jeunesse, J'adore sa couverture où Anaïs a un peu l'air d'une petite gitane. Avoir donné un côté nomade à cette petite fille enracinée dans son littoral, c'est avoir tout compris du flux-reflux de l'océan et des sentiments qui agitent mon héroïne. Bravo Malorie !  

Un extrait :

"Elle a arrêté sa collection de coquillages. Elle ne s'assied plus sur le sable. Elle préfère marcher en trempant ses pieds dans l'eau, ou courir en regardant le ciel. Elle ne supporte plus ce qui est immobile. "

Le plus joli dans tout ça ? 

Chloé, une jeune lectrice, m'a téléphoné un jour, alors qu'elle était au milieu du livre,  pour me dire qu'elle avait rêvé d'"Un nouvel ami". Elle avait rêvé qu'elle était Anaïs; marchant sur la plage,  et que, tout comme elle, elle se demandait qui pouvait bien être ce mystérieux ami qui lui écrivait. Chloé s"était réveillée avant de connaître sa réponse de rêve. Tant mieux, ça laissait la fin de l'histoire intacte. 
Je trouve assez génial le fait qu'un de mes textes soit passé dans un rêve d'enfant ! 


                      Côte atlantique, 2008, photo par Stéphane Méliade