6ème titre publié : UNE COPINE À LA PISCINE

 
 




UNE COPINE À LA PISCINE, collection Cascade, editions Rageot, 1998. 


                                   




 Parents et grands-parents, vous souvenez-vous de "Mélodie en sous-sol", le film d'Henri Verneuil ? (comme dit la chanson "je vous parle d'un temps que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaître"), Gabin,Delon. Et surtout la scène mythique de la piscine, à la fin, où les billets du casse s'échappent un à un du sac et remontent à la surface de la piscine. On voit Alain Delon qui assiste à la scène, en s'efforçant de garder son calme devant cette eau menaçante, qui signifie pour lui la fin des haricots. 

Eh bien, Olvier, mon héros, élève de CM2, ressent exactement la même chose devant cette eau trop bleue, chlorée, une sorte de liquide extraterrestre, aussi tentant pour lui que les océans d'ammoniaque de Neptune. Et en plus, il n'y a même pas de dollars flottants.

Résumé du livre : 
Quel  fardeau  désespoir  corvée bonheur de faire plaisir à son père !  Ah ! Son Père avec un Grand P, à son âge, c'était un Nageur avec un grand bain, je veux dire un grand N. Mais, timide avec un tout tout petit t, son fils Olivier ne se sent pas de participer à la compétition à laquelle son papa à nageoires l'a inscrit sans lui demander son avis. Surtout qu'il n'y a pas que l'eau qui faut vaincre, il y a aussi cet abruti de Bastien, grand, fort et bête, et ces filles aux beaux cheveux et aux regards cruels. Il n'est pas aquatique pour un sou (marin), il n'a pas l'esprit de compétition, il aimerait tout simplement qu'on le laisse tranquille. 
Puis il rencontre Jennifer, Jennifer étoile-de-mer, Jennifer-la-lumière, volontaire et inlassable coach, puis amie, et plouf si affinités. 
Soudain, l'eau a meilleur goût, les muscles de Bastien semblent rétrécir, et il aurait presque envie de plonger et de gagner la compétition. 
Malgré toutes ces améliorations, il faudra quand même qu'Olivier aie une conversation sérieuse avec son père, pour lui faire comprendre qu'il est lui, et pas un modéle réduit de son papa et qu'il a le droit à sa propre vie. Et ce challenge-là est sûrement le plus difficile. Malgré son ton très nettement humoristique du roman, ce n'est pas un problême si léger qui est abordé ici. 

Ce que je préfère : La relation père-fils, que j'ai assez bien évoquée dans le roman. Toute la thématique de "ou être soi-même ou faire plaisir". La capacité de Jennifer de faire sauter les verrous dans la tête d'Olivier.

Si c'était à refaire : Je caricaturerai moins Bastien, ainsi que les pestes, c'est très marrant à lire, mais ce qu'on gagne en rire, on le perd peut-être un peu en humanité dans deux ou trois passages. J'approfondirais encore la relation père-fils. 

Un extrait : 

"À la descente du car, j'ai dû supporter leurs mauvaises plaisanteries.
D'abord les garçons :
- Ce mec, c'est un Mogwaï, il ne supporte pas l'eau ! 
- Ouais, il doit prendre ses douches par correspondance ! 
- Il ne peut même pas pleurer, il aurait  trop peur de fondre ! On va l'appeler Ptit Sucre
 ! "



                               


Le plus joli dans tout ça ? 
Le plus drôle, je dirais, cette fois. Un jour de 2002, une étudiante italienne m'a contacté par mail. Elle était 
- Etudiante en français (qu'elle parlait fort bien)
- Intéressée par le livre jeunesse francophone
- Et maître-nageuse dans son temps libre ! 
Tout naturellement, elle avait rencontré mon roman :-) Elle m'a demandé l'autorisation de s'en servir pour son mémoire de fin d'étude (niveau maîtrise, si j'ai bien compris), ce qui fait qu' '"Une copine à la piscine" est maintenant répertorié dans une prestigieuse université du nord de l'Italie, peut-être dans un placard étanche ? Mamma mia !