2ème titre publié : IL FAUT SCIER LE ZÈBRE

            
 
 




IL FAUT SCIER LE ZÈBRE, collection Zanzibar, éditions Milan, 1996.


                       



Celui là, vous l'aviez deviné, c'était mon titre :-) J'adore ce titre absurde et de mauvais goût, parce qu'il n'a rien de "rond" et d'aimable. Il a fait froncer les sourcils de plus d'un jeune lecteur (mais qu'est-ce qu'il leur veut, celui-là, aux zébres ?, Moi je suis pour la protection des animaux !"). Que Brigitte Bardot soit rassurée, je ne leur veux que du bien et le zèbre en question n'est pas un animal...
... Ce roman prend un peu le contrepied du précédent. Il est plus mordant, plus rugueux. ses lectrices mettaient rarement des robes ou des jupes et il y règne une folie plus raide. Il faut dire qu'il faisait partie de la défunte collection Zanzibar des éditions Milan, au temps où Christian Poslaniec régnait sur ce territoire exotique à plus d'un titre. J'aimais beaucoup cette collection où on trouvait notamment des titres d'une auteure que je considère vraiment comme une grande, aux textes qui remuent en profondeur, Nadine Brun-Cosme. Elle était lectrice pour la collection et j'ai été son coup de coeur de lectrice pour l'année 95. Je savoure encore cet honneur et ce plaisir. Ce roman tend d'ailleurs à avoir été apprécié par des plus grands, voire des adultes et a largement débordé de sa tranche d'âge "officielle", j'ai d'ailleurs travaillé dessus avec des élèves de fin de collège qui étaient franchement des ados.

                                                    




Sarah, l'héroïne de mon roman porte le même prénom que l'héroïne de "La petite buissonnière" de Nadine Brun-Cosme. Ce n'était pas du tout voulu, mais j'aime ce lien, cette filiation. 

Le résumé du livre : 
Lorsque Sarah arrive, au milieu de l'année, dans la classe de son nouveau collège, les amateurs de filles rose bonbon sont déçus. Elle a un visage pointu, un regard dur, et gare à qui osera l'aimer ! Gare à Quentin, surtout, le narrateur du roman. Qui aime sa Jeanne chérie depuis toujours. Qui grandit tranquillement au milieu de la folie ordinaire, une concierge américaine peintre maudite, un gentll fou qui prmène son chien invisible, un détenu à qui il envoie des messages par-dessus le mur. Sarah mord dans cette vie et mord dans le coeur de Quentin. Pour son plus grand bonheur, car il s'attache vite à cette pauvre petite fille riche, à cette chienne perdue sans collier qui n'est pas orpheline, mais qui n'est pas non plus très entourée. 



Mine de rien, dans ce roman, on aborde quelques aspérités de la vie. L'emprisonnement affectif de Sarah, mental du gentil fou, concret du détenu. Et comme dit l'écrivain québécois Claude Jasmin "la pire des prisons, c'est de ne pas pouvoir s'expliquer, s'exprimer". 

Comme le précédent, ce roman a un lieu : Poissy, près de Paris.

Ce que je préfère : Le personnage de Sarah. Les deux facettes féminines or et nuit que représentent Jeanne et Sarah. La thématique du choix entre les deux que doit faire Quentin. La communication avec le prisonnier.

Si c'était à refaire : Le personnage de Lisa, la concierge est un peu too much, pas besoin d'en faire tant de tonnes. La cérémonie avec les noms indiens, pourquoi pas, mais je ne suis pas sûr que c'était indispensable. 

Un extrait 

"- À la première fugue, j'ai tenu deux jours, à la deuxième trois jours, cette fois cinq jours ! La prochaine fois, ce sera la vie entière !
Elle tient une feuille de brouillon avec un de ses multilples dessins. Sur le papier, un personnage court à toute vitesse en tirant la langue.
- Tu n'es jamais fatiguée, toi ? 
- Jamais ! C'est moi qui fatigue les gens
 !"

C'est quoi, ce fameux zèbre, au fait ? Ce sont les barreaux d'une cellule. Qui vont devenir, pour les personnages, les barreaux d'une échelle.  

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